<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<!-- generator="wordpress/2.3.2" -->
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	>

<channel>
	<title>no-media.info &#187; Tribune libre</title>
	<link>http://www.no-media.info</link>
	<description>le réseau indépendant d'information</description>
	<pubDate>Tue, 19 Aug 2008 16:28:30 +0000</pubDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=2.3.2</generator>
	<language>en</language>
			<item>
		<title>Kémi Seba déclare « Je ne crois plus que l&#8217;homme blanc est le diable »</title>
		<link>http://www.no-media.info/1200/kemi-seba-declare-%c2%ab-je-ne-crois-plus-que-lhomme-blanc-est-le-diable-%c2%bb</link>
		<comments>http://www.no-media.info/1200/kemi-seba-declare-%c2%ab-je-ne-crois-plus-que-lhomme-blanc-est-le-diable-%c2%bb#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 19 Aug 2008 16:15:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>no-media.info</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Tribune libre]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.no-media.info/1200/kemi-seba-declare-%c2%ab-je-ne-crois-plus-que-lhomme-blanc-est-le-diable-%c2%bb</guid>
		<description><![CDATA[<a href="http://www.no-media.info/1200/kemi-seba-declare-%c2%ab-je-ne-crois-plus-que-lhomme-blanc-est-le-diable-%c2%bb"><img src="http://www.no-media.info/cms/wp-content/plugins/yet-another-photoblog/cache/2480662232_c5fac75842.aikrgya05c84c00swoocgwco4.9wzo4bhiyewwwccsss80skos.th.jpeg" width="80" height="51" style="float:left;padding:0 10px 10px 0;" ></a>Kémi Seba est-il un homme nouveau ? Nous avons voulu le savoir. Après s&#8217;être fait connaître dans le mouvement afro-centré, le leader de l&#8217;ex-Tribu Ka s&#8217;est converti à l&#8217;islam. Âgé de 27 ans, le verbe fluide et précis, Kémi Seba ouvre une page nouvelle dans son action militante. Il a accepté de nous parler de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<a href="http://www.no-media.info/1200/kemi-seba-declare-%c2%ab-je-ne-crois-plus-que-lhomme-blanc-est-le-diable-%c2%bb"><img src="http://www.no-media.info/cms/wp-content/plugins/yet-another-photoblog/cache/2480662232_c5fac75842.aikrgya05c84c00swoocgwco4.9wzo4bhiyewwwccsss80skos.th.jpeg" width="80" height="51" style="float:left;padding:0 10px 10px 0;" ></a><p>Kémi Seba est-il un homme nouveau ? Nous avons voulu le savoir. Après s&#8217;être fait connaître dans le mouvement afro-centré, le leader de l&#8217;ex-Tribu Ka s&#8217;est converti à l&#8217;islam. Âgé de 27 ans, le verbe fluide et précis, Kémi Seba ouvre une page nouvelle dans son action militante. Il a accepté de nous parler de son parcours, de sa conversion et de son engagement politique. Entretien à bâtons rompus avec un « chercheur de vérité ». </p>
<p><strong>Dois-je vous appeler Fara Kémi Seba ou avez-vous un prénom musulman ? </strong></p>
<p>Kémi Seba: Je voudrais avant tout dire as salam alaykum à toutes les sœurs et à tous les frères qui liront cette interview. Que la paix du cœur et la paix de l&#8217;âme soient sur chacun de vous. Pour en venir à votre question, je reste Kémi Seba. Du peu que j&#8217;ai étudié de l&#8217;islam, rien ne dit qu&#8217;il faut adopter un nom arabe pour être un bon musulman. Bien au contraire, j&#8217;ai appris qu&#8217;on peut s&#8217;appeler Jacques, Christian ou Lao-Tseu tout en étant un bon musulman. Donc je reste Kémi Seba parce que ce nom renvoie à mon africanité qui, pour moi, aura toujours de l&#8217;importance. Mais aussi Kémi Seba renvoie aux erreurs que j&#8217;ai pu commettre par le passé et témoigne du chemin que j&#8217;ai parcouru dans ma quête de vérité. Mais, insha Allah, jusqu&#8217;à la fin de mes jours, je continuerai d&#8217;étudier. Et je prie Dieu afin qu&#8217;Il m&#8217;éclaire et qu&#8217;Il m&#8217;aide à avancer. </p>
<p>Donc vous pouvez m&#8217;appeler Kémi Seba. J&#8217;ajouterai cependant que, désormais, ce nom est strictement culturel et renvoie à mes traditions africaines. Il est donc à jamais dépoussiéré de toute connotation pseudo-religieuse et du fanatisme relatif au folklore de l&#8217;égyptologie, auquel j&#8217;ai pu le rattacher auparavant. </p>
<p><strong>Vous renoncez donc à votre positionnement afro-centré ? </strong></p>
<p>J&#8217;ai déjà eu l&#8217;occasion de différencier le panafricanisme de l&#8217;afrocentricité. Ce sont deux approches différentes. Je continuerai de me battre pour que l&#8217;Afrique soit une Afrique solide, une Afrique forte, une Afrique grande. Mais j&#8217;ai abandonné le prisme limité, le prisme de frustrations de l&#8217;afrocentricité pour m&#8217;élever vers le prisme plus universel, plus juste, plus réel et plus rationnel du panafricanisme. L&#8217;ethnocentrisme appelle à se centrer sur soi, en s&#8217;opposant aux autres. Cela n&#8217;est pas ma démarche aujourd&#8217;hui. Je suis plutôt panafricain&#8230; Thomas Sankara disait que lorsqu&#8217;on est témoin de la souffrance des nôtres en Palestine occupée l&#8217;on est obligé de se sentir Palestinien. En ce sens, je milite pour la reconstruction de l&#8217;Afrique, qui est aujourd&#8217;hui la poubelle, le cimetière du monde. Je suis touché quand je vois mes frères musulmans opprimés à travers le monde, tout comme je suis solidaire de toute personne, quelle que soit sa religion, qui est victime d&#8217;injustices. </p>
<p>L&#8217;islam m&#8217;a permis de porter un regard nouveau sur ces questions. Cela étant, on ne peut pas en vouloir aux Noirs, après ce qu&#8217;ils ont subi comme vexations, d&#8217;éprouver de la frustration. Mais la frustration ne peut pas être une force ; il faut donc la dépasser. Allah m&#8217;a permis de me réveiller. Je ne suis qu&#8217;au début de ma « résurrection ». Je Lui demande de continuer à me guider dans la bonne direction. </p>
<p><strong>Vous avez été à Nation of Islam. Quelle est aujourd&#8217;hui votre relation à cette organisation ? </strong></p>
<p>J&#8217;ai de profonds désaccords avec la Nation of Islam, mais ce serait un mensonge de dire qu&#8217;ils ne m&#8217;ont rien appris. N&#8217;oubliez pas que j&#8217;étais seulement en classe de terminale S quand j&#8217;ai commencé à sécher les cours pour fréquenter les bibliothèques et à traîner dans certains lieux de Paris pas très valorisants. Donc, indéniablement, à Nation of Islam, ils m&#8217;ont appris à m&#8217;aimer moi-même. S&#8217;il n&#8217;y avait pas des organisations comme Nation of Islam dans les ghettos américains que je connais, un certain nombre de personnes ne sortiraient pas de la drogue, un certain nombre de femmes ne sortiraient pas de la prostitution&#8230; Je ne condamnerai pas publiquement Nation of Islam, mais nos désaccords sont effectifs et je ne peux partager quantités de propos tenus aujourd&#8217;hui dans cette organisation. </p>
<p><strong>Par exemple ? </strong></p>
<p>Par exemple, je ne crois plus que l&#8217;homme blanc est le diable comme j&#8217;ai pu le croire à un moment. </p>
<p><strong>Et que pensez-vous maintenant ? </strong></p>
<p>Je pense qu&#8217;il faut faire preuve de pédagogie pour amener les gens à s&#8217;unir. Je veux que ma communauté se relève, je veux que les Noirs se relèvent, je veux que les damnés, les opprimés se redressent. Je veux que ma communauté au sens large, ceux qui sont soumis à l&#8217;Unique, puisse regarder ceux qui souffrent avec pédagogie ; et non les bousculer en leur imposant des règles de comportements et en les jugeant en termes de bon/mauvais. Je pense qu&#8217;il faut accompagner ceux qui souffrent sans les juger, sans les ostraciser. Aujourd&#8217;hui, je dis qu&#8217;il faut regarder le monde avec l&#8217;amour du prochain. Je reviens de très très loin, je le sais. En prison, j&#8217;ai eu l&#8217;occasion de faire le point sur mon parcours et je dois dire que je ne regrette absolument rien. Si vous retiriez une seule étape de ce parcours, je ne serais pas celui que je suis aujourd&#8217;hui. Je ne serais pas celui qui, librement, se prosterne en se soumettant volontairement à Allah. </p>
<p><strong>Vous avez cheminé seul avec des livres. Quels auteurs ont déterminé votre changement ? Vous citez René Guénon par exemple ; que vous a apporté la lecture de Guénon ? </strong></p>
<p>Il nous faudrait beaucoup plus de temps pour évoquer tous les auteurs qui m&#8217;ont inspiré. Il est vrai que René Guénon est l&#8217;un d&#8217;eux, mais il n&#8217;est pas le seul. Mais ce qui fut marquant pour moi, c&#8217;est que René Guénon est un « homme blanc », pour reprendre un terme convenu, qui a eu un rapport aux traditions dans lequel je me reconnais parfaitement. Moi, le Noir, j&#8217;ai commencé à chercher ma vérité par la racine, en revenant à la genèse de la cosmogonie africaine. Lui, Guénon, le Blanc, a commencé par étudier l&#8217;hindouisme, une spiritualité qui a été amenée par les Aryens, les Blancs. Il est donc parti de l&#8217;histoire des siens pour revenir à la soumission à l&#8217;Unique, c&#8217;est-à-dire l&#8217;islam. </p>
<p>Grâce à mes lectures de Guénon, je suis sorti du prisme de « l&#8217;islam, religion arabe ». Il m&#8217;a bien fait comprendre que l&#8217;islam existe depuis la nuit des temps, mais que le Prophète Muhammad – que la paix soit sur lui – est venu rappeler et parachever ce que des myriades de peuples avaient reçu puis oublié. </p>
<p><strong>En effet, l&#8217;œuvre de Guénon insiste bien sur l&#8217;approche originelle de l&#8217;islam. </strong></p>
<p>Eh bien pour moi, cette découverte m&#8217;a presque traumatisé. Je réalise aujourd&#8217;hui que cette approche échappe à beaucoup de ceux qui se revendiquent de l&#8217;islam et qui croient que cette religion est apparue avec le Prophète Muhammad – que la paix soit sur lui –, alors qu&#8217;il n&#8217;en est rien, et René Guénon le montre bien. Chaque nation a reçu des messagers. Chaque peuple, dans ses traditions, possède des résidus de ce que les messagers ont laissé, sauf que la plupart de populations sont éloignées du message originel. C&#8217;est pourquoi le Coran parle d&#8217;al-dhikr, le rappel. On comprend qu&#8217;il était nécessaire qu&#8217;Allah nous rappelle le sens de la vie, le sens de l&#8217;Homme, de sa mission sur Terre, parce que les gens les avaient oubliés. René Guénon est allé très en profondeur de la tradition, et c&#8217;est ce qui m&#8217;a touché quand je l&#8217;ai étudié. </p>
<p><strong>Guénon a aussi étudié plusieurs formes de spiritualité avant de se convertir à l&#8217;islam. </strong></p>
<p>Tout à fait&#8230; Il faut savoir que j&#8217;ai toujours été ouvert à la discussion. Même quand j&#8217;ai quitté la Nation of Islam, j&#8217;ai parfois débattu avec des musulmans. Et j&#8217;ai toujours été gêné par le rejet systématique qu&#8217;ils avaient de tout ce qui, au prime abord, n&#8217;avait pas l&#8217;apparence de l&#8217;islam. Or Guénon fait exception à cette règle, car il a étudié l&#8217;hindouisme et même la franc-maçonnerie. Dans Le Symbolisme de la croix, le kémitisme et bien d&#8217;autres thèmes de la cosmogonie d&#8217;antan sont traités sans rapport apparent direct avec l&#8217;islam. Dans Formes traditionnelles et cycles cosmiques ou dans un livre comme Autorité spirituelle et pouvoir temporel, René Guénon revient à la genèse du message spirituel qu&#8217;on retrouve à la fois dans l&#8217;animisme, dans le kémitisme et dans bien d&#8217;autres thématiques. En ce sens, un homme blanc m&#8217;a touché profondément par la connaissance qu&#8217;il avait de lui-même. Il m&#8217;a touché par la connaissance qu&#8217;il avait de son environnement. Moi, le panafricain. Il faut reconnaître que c&#8217;est un paradoxe ! Je serai éternellement reconnaissant à Abdul Wahid Yahya (ndr : René Guénon), serviteur de l&#8217;Unique, il porte bien son nom, car cet homme m&#8217;a permis de me rapprocher de l&#8217;Unique. Et j&#8217;en remercie Allah.. </p>
<p><strong>C&#8217;est beau de vous écouter sur Guénon, qui était soufi. Peut-on dire que vous êtes soufi ? </strong></p>
<p>Non, je ne dirai pas cela : je suis seulement un homme soumis à Allah. Je suis simplement dans l&#8217;islam au sens originel du terme. J&#8217;essaye de me conformer chaque jour à ce que j&#8217;apprends et j&#8217;implore Allah de me permettre de m&#8217;enrichir ; j&#8217;ai tant de choses à apprendre. Cet entretien que nous avons actuellement m&#8217;enrichit énormément. Je suis dans une période où toute discussion que je peux avoir avec toute personne, musulmane ou non musulmane, est une source d&#8217;enseignement qui m&#8217;enrichit. Je sais que l&#8217;habitude est de diviser les musulmans en tendances et écoles : sunnites, chiites, kharijites, salafistes, etc., avec des subdivisions intérieures [&#8230;]. Je comprends donc votre question. Mais non&#8230; Je ne veux pas me dire aujourd&#8217;hui que je suis de tendance soufie ou de quelque autre tendance. Ce qui m&#8217;occupe actuellement, c&#8217;est la connaissance de moi en mon âme et le combat politique que je mène au sein du Mouvement des damnés de l&#8217;impérialisme. Je laisse l&#8217;Histoire dire ce que je serai dans quelques années, insha Allah. </p>
<p><strong>Le mouvement afro-centré cite souvent Jacques Heers, Tidiane N&#8217;Diaye – j&#8217;ajouterai Bernard Lewis – sur l&#8217;islam et l&#8217;esclavage. Quel argument vous a permis de réfuter leurs thèses ?</strong> </p>
<p>Mon argument est simple : ces thèses qui disent que l&#8217;islam aurait esclavagisé les Noirs ne sont pas matérialisées dans le Coran. J&#8217;ai eu l&#8217;occasion de lire le Coran un certain nombre de fois et je continue de l&#8217;étudier. Et jusqu&#8217;à la fin de ma vie, chaque page du Coran sera étudiée avec minutie, selon les capacités qui sont les miennes. Certes, des gens se revendiquant de l&#8217;islam ont pratiqué l&#8217;esclavage des Noirs. Le nier serait travestir la vérité. Mais j&#8217;insiste pour dire que ces gens-là n&#8217;étaient pas en accord avec les principes de la soumission à Allah. Car, dans la religion de la soumission à l&#8217;Unique, rien n&#8217;autorise qu&#8217;on traite un homme en sous-homme et un autre en son supérieur. C&#8217;est cela que je tiens à préciser avec clarté aujourd&#8217;hui. Jusqu&#8217;alors, je ne pouvais pas appréhender les choses de cette façon parce que, en raison de la souffrance qu&#8217;on subissait, j&#8217;étais dans l&#8217;amalgame mêlant les religions des esclavagistes et la religion qui, elle, ne prône pas l&#8217;inégalité des races, bien au contraire. </p>
<p><strong>Que pensez-vous de ceux qui soutiennent cette thèse ? </strong></p>
<p>Ceux qui condamnent l&#8217;islam au motif que c&#8217;est une religion esclavagiste sont des gens qui se servent de la frustration et de la souffrance des Noirs pour rendre l&#8217;islam responsable de tous les maux, parce qu&#8217;ils savent que l&#8217;islam est la voie de la vérité et qu&#8217;elle attire de plus en plus de gens. Mon rôle, aujourd&#8217;hui, est d&#8217;expliquer ces choses. Il existe de la négrophobie chez des gens qui se revendiquent de l&#8217;islam. Quand j&#8217;étais dans l&#8217;ethnocentricité, j&#8217;ai entendu des propos d&#8217;une négrophobie pure de la part de gens qui se disaient musulmans et cela m&#8217;a conforté, durant des années, dans l&#8217;idée que l&#8217;islam n&#8217;était pas une religion de paix, de vérité et de dignité. Mais je suis revenu de cette erreur, de cet amalgame qui lie ces gens et la religion. À cela j&#8217;ajouterai que certaines personnes ont aujourd&#8217;hui intérêt à monter l&#8217;islam contre les Noirs. Ceux-là trouvent leur intérêt à monter les communautés les unes contre les autres, au lieu de se préoccuper de l&#8217;oppression face à un adversaire commun, que nous connaissons tous mais que l&#8217;on ne peut pas citer. Cet adversaire n&#8217;a rien de religieux, c&#8217;est un oppresseur politique qui fait passer le message que l&#8217;islam est une religion esclavagiste. Ce qui est une hérésie. </p>
<p><strong>Qu&#8217;en est-il de votre engagement politique ? Kémi Seba veut-il toujours être maire ? </strong></p>
<p>Quand j&#8217;ai engagé ma candidature (ndr : à la municipalité de Sarcelles, dans le 95), j&#8217;ai eu un certain nombre de procès. Même si j&#8217;ai fait appel, j&#8217;ai dû faire face au coût financier de ces procès&#8230; Mais j&#8217;ai surtout vu comment l&#8217;État faisait tout pour me barrer le chemin sur ce terrain-là. Il m&#8217;a fallu innover pour me faire entendre. Je dirige aujourd&#8217;hui le Mouvement des damnés de l&#8217;impérialisme (MDI), qui s&#8217;intéresse à ceux qui sont hors système. J&#8217;ai compris qu&#8217;on ne peut pas changer un système en l&#8217;infiltrant. Je suis donc dans le sens originel du terme « évolution » et il suffit d&#8217;y ajouter un R pour faire une Révolution, pas au sens sanglant du terme mais une révolution idéologique. En quatre mois, le MDI s&#8217;est étendu à une vitesse record aux quatre coins de la France. Nous touchons tous les hors-système : tous les petits frères des banlieues et ceux qui sont intéressés sont en train d&#8217;adhérer au MDI. </p>
<p><strong>Quelle est la ligne politique du MDI ? </strong></p>
<p>Notre ligne politique est d&#8217;affirmer notre identité, de lutter contre les oligarques qui ont pris en otage la nation dans laquelle nous vivons. Nous voulons faire en sorte que la France puisse être décideuse. Plutôt que de s&#8217;enfermer dans une optique locale comme j&#8217;ai voulu le faire à Sarcelles, je suis dans une démarche bien plus politique et bien plus large. Aujourd&#8217;hui, la France est le pays qui peut faire changer la face du tiers-monde et du continent africain en particulier. La France est le pays qui peut changer la situation en Palestine, contrairement à ce qu&#8217;on entend. La France a voix au chapitre dans le G8. Si le visage de la France change sur les questions du tiers-monde, si les Afro-descendants, si les musulmans, la diaspora, les prolétaires, si tout ce peuple se lève et fait comprendre que la France doit changer son comportement vis-à-vis du tiers-monde, que la France doit changer son comportement vis-à-vis de la Palestine, je suis convaincu que l&#8217;Histoire du monde, l&#8217;Histoire du tiers-monde changeront radicalement. Et l&#8217;Histoire de l&#8217;impérialisme changera aussi radicalement. La France d&#8217;aujourd&#8217;hui, de par ses oligarques, a les deux pieds dans l&#8217;impérialisme sale et sanglant ; et nous avons la responsabilité de tout faire pour que cela change. </p>
<p><strong>En devenant musulman, votre position a-t-elle changé sur la question palestinienne ? </strong></p>
<p>Bien au contraire, ma position s&#8217;est confortée, elle s&#8217;est encore plus affirmée. J&#8217;ai défendu le fait que l&#8217;Afrique du Sud ne pouvait pas être aux mains des oligarques sous prétexte qu&#8217;ils sont arrivés à une époque, qu&#8217;ils ont pillé les richesses et, par conséquent, qu&#8217;ils devraient tout posséder&#8230; Pour moi, cela n&#8217;est pas normal. De la même manière, quand je vois comment la Palestine est devenue un territoire occupé, si je suis anticolonialiste, si je suis panafricain, si je me considère musulman, je ne peux pas accepter qu&#8217;on attaque le colonialisme en Afrique et rester inactif face au colonialisme en Palestine occupée. Je condamne toujours, de la manière la plus virulente possible, le sionisme non pas en tant que religion, mais en tant qu&#8217;idéologie politique raciste et colonialiste. Je suis pour qu&#8217;il y ait un seul État où ceux qui veulent vivre en paix avec les Palestiniens restent et que les autres s&#8217;en aillent se chercher une terre vide ailleurs et qu&#8217;ils laissent en paix ceux qui vivaient sur ces terres en paix depuis plusieurs générations. Les Palestiniens n&#8217;ont rien à voir avec les crimes des nazis et ils n&#8217;ont pas à en payer le prix. On n&#8217;a pas à leur voler leur terre, cela s&#8217;appelle du colonialisme et je me battrai toujours contre. </p>
<p><strong>Sur la situation de l&#8217;islam en France, avez-vous un vœu, un projet ? </strong></p>
<p>Je viens à peine de me convertir, il serait maladroit de ma part d&#8217;exprimer une opinion sur l&#8217;islam en France. Je me dois d&#8217;être humble. Et si je dois exprimer un vœu, ce sera que la communauté musulmane en France puisse agir dans l&#8217;unité et parler d&#8217;une seule voix, comme un seul homme. Tenter de fédérer, avec le peu de moyens que j&#8217;ai, est la seule chose que je puisse envisager aujourd&#8217;hui. À l&#8217;annonce de ma conversion, j&#8217;ai eu un nombre de retours absolument effrayant. La boîte mail du site a été saturée. Les appels n&#8217;en finissent pas ; on a cessé de les compter. Je mesure donc l&#8217;attente car, dans la communauté musulmane en France, les gens en ont marre d&#8217;être divisés. Les musulmans de France en ont marre que des gens suivent leurs intérêts personnels plutôt que l&#8217;intérêt général. L&#8217;humilité est une vertu qu&#8217;on enseigne dans l&#8217;islam et il serait présomptueux de ma part de dire ce qu&#8217;il faudrait pour les musulmans de France, sauf que mon vœu le plus cher est de voir les musulmans de France agir dans l&#8217;union et non la division. </p>
<p>Mardi 05 Août 2008 - Propos recueillis par Amara Bamaba pour <a href="http://www.saphirnews.com/Kemi-Seba-Je-ne-crois-plus-que-l-homme-blanc-est-le-diable-_a9360.html?preaction=nl&#038;id=1103450&#038;idnl=37802&#038;">Saphirnews</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.no-media.info/1200/kemi-seba-declare-%c2%ab-je-ne-crois-plus-que-lhomme-blanc-est-le-diable-%c2%bb/feed</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Ségo lévite et Sarko bleubite</title>
		<link>http://www.no-media.info/1194/sego-levite-et-sarko-bleubite</link>
		<comments>http://www.no-media.info/1194/sego-levite-et-sarko-bleubite#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 18 Aug 2008 13:00:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>no-media.info</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Tribune libre]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.no-media.info/1194/sego-levite-et-sarko-bleubite</guid>
		<description><![CDATA[<a href="http://www.no-media.info/1194/sego-levite-et-sarko-bleubite"><img src="http://www.no-media.info/cms/wp-content/plugins/yet-another-photoblog/cache/randa_petit.eimedn4umvsc0ow8k4gksgwcc.9wzo4bhiyewwwccsss80skos.th.jpeg" width="80" height="84" style="float:left;padding:0 10px 10px 0;" ></a>Allez, encore un peu de courage et ce sera fini. Oh ! certes, à peine la flamme olympique éteinte à Pékin, un nouveau tournoi de ci, championnat de ça ou coupe de je-ne-sais-pour-qui-ou-quoi sera organisé. On peut faire confiance aux enragés de la compétition en boucle et à leurs gourmands sponsors pour ne pas laisser [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<a href="http://www.no-media.info/1194/sego-levite-et-sarko-bleubite"><img src="http://www.no-media.info/cms/wp-content/plugins/yet-another-photoblog/cache/randa_petit.eimedn4umvsc0ow8k4gksgwcc.9wzo4bhiyewwwccsss80skos.th.jpeg" width="80" height="84" style="float:left;padding:0 10px 10px 0;" ></a><p>Allez, encore un peu de courage et ce sera fini. Oh ! certes, à peine la flamme olympique éteinte à Pékin, un nouveau tournoi de ci, championnat de ça ou coupe de je-ne-sais-pour-qui-ou-quoi sera organisé. On peut faire confiance aux enragés de la compétition en boucle et à leurs gourmands sponsors pour ne pas laisser retomber le soufflet sportif ne serait-ce qu’une seconde. L’audimat pourrait ne pas s’en relever et peut-être même le bon peuple. D’autant que le pain est devenu hors de prix, sans parler de celui de la brioche.</p>
<p>Ce qui n’attendra pas quatre ans pour être rallumé, en revanche, ce sont les malheurs dans le monde. Ceux du Tibet ont été ressassés plus d’un an durant. Mais tout à une fin. Le produit a fait son temps et le Dalaï-Lama l’a amèrement réalisé avec sa visite en France : Nicolas Sarkozy l’a dédaigné, François Fillon itou et même Bernard Kouchner n’a pas le temps de voir son « ami le Dalaï »… C’est dire si le Yéti du pacifisme financé par la CIA n’est plus un produit d’appel politique de premier choix. Il a du se contenter d’une rencontre avec l’ex de François Hollande, désormais simplement candidate à visiter Lhassa et sans doute aussi à flotter dans les airs. Grandeur et décadence. Comme Madame ex ne peut plus compter sur Jack Lang pour lui fournir de phrases historiques, elle pourra toujours adapter faute de mieux, celles du plus célèbre des exilés en pyjama : « Si la situation présente en France reste la même, je renaîtrai hors de France, avec bravitude et loin du contrôle des autorités sarkozystes. Le but même d’une réincarnation est de continuer le travail inachevé de l’incarnation précédente. Si donc la situation du Parti socialiste n’est toujours pas résolue, il est logique que je renaisse en exil, pour continuer mon travail inachevé. »</p>
<p>Mais les malheurs des peuples, c’est comme le sport, à peine le Tibet méprisé, il ne faut pas laisser sécher les larmes des bonnes âmes en mal de glorieuses causes à défendre. En promotion ces jours-ci, le martyr géorgien est proposé. Pas terrible… Il est à parier qu’il ait disparu des étals sous peu si la Russie retire ses troupes comme elle s’y est engagée.</p>
<p>Quoique rien ne la presse… Surtout pas l’accord de cessez-le-feu négocié la semaine dernière par Nicolas Sarkozy à Moscou. Cessez-le-feu et retrait des troupes. Soit, c’est dit, accepté et signé, mais Dmitri Medvedev n’a pas précisé quand tout cela serait appliqué : Aucune date butoir ni limites géographiques précises n’ont été convenues.</p>
<p>Le président russe n’a fait d’ailleurs en cela qu’appliquer la méthode Sarkozy : des déclarations, des promesses, des engagements, mais rien qui ne soit vraiment suivi d’effets. Nicolas Sarkozy, bleubite s’il en est des Affaires internationales, va peut-être à son tour comprendre ce que cela fait d’être pris pour un…</p>
<p>NOTE: </p>
<p>(1) Bleubite : soldat ayant peu de temps d’armée.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.no-media.info/1194/sego-levite-et-sarko-bleubite/feed</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Calotte rédemptrice et psychopathes étoilés</title>
		<link>http://www.no-media.info/1166/calotte-redemptrice-et-psychopathes-etoiles</link>
		<comments>http://www.no-media.info/1166/calotte-redemptrice-et-psychopathes-etoiles#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 08 Aug 2008 15:42:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>no-media.info</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Tribune libre]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.no-media.info/1166/calotte-redemptrice-et-psychopathes-etoiles</guid>
		<description><![CDATA[<a href="http://www.no-media.info/1166/calotte-redemptrice-et-psychopathes-etoiles"><img src="http://www.no-media.info/cms/wp-content/plugins/yet-another-photoblog/YapbThumbnailer.php?post_id=1166&w=80" width="80" height="115" style="float:left;padding:0 10px 10px 0;" ></a>Voilà deux jours, j’attendais mon tour pour passer à la caisse d’un magasin. Derrière moi, un père tentait de calmer l’agitation, puis la colère, puis les cris stridents de son fils âgé d’une demi-douzaine d’années. Après avoir essayé en vain tous les arguments possibles et imaginables afin de le ramener à la raison, glissant peu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<a href="http://www.no-media.info/1166/calotte-redemptrice-et-psychopathes-etoiles"><img src="http://www.no-media.info/cms/wp-content/plugins/yet-another-photoblog/YapbThumbnailer.php?post_id=1166&w=80" width="80" height="115" style="float:left;padding:0 10px 10px 0;" ></a><p>Voilà deux jours, j’attendais mon tour pour passer à la caisse d’un magasin. Derrière moi, un père tentait de calmer l’agitation, puis la colère, puis les cris stridents de son fils âgé d’une demi-douzaine d’années. Après avoir essayé en vain tous les arguments possibles et imaginables afin de le ramener à la raison, glissant peu à peu de l’explication rationnelle à la menace de sanctions futures, puis, finalement, à une intervention physique imminente – « Tu vas t’en prendre une ! » – à bout de patience et mal à l’aise pour la gêne qu’ils occasionnaient à leur entourage, le père passa à l’acte. Une retentissante calotte fit comprendre à son Terminator en culottes courtes la juste mesure des choses et la nécessité du calme dans la vie en société.</p>
<p>J’en fus soulagé, je l’admets. Mais je fus le seul, sembla-t-il. Les autres dans la file fusillèrent instantanément du regard le monstre qui venait ainsi d’afficher son animale brutalité. De petit emmerdeur patenté, son rejeton venait brusquement d’acquérir le statut de victime d’une violence aveugle, de sévices innommables, au même titre que ces autres enfants de parents sadiques, brûlés à la cigarette, la tête cognée contre les murs, bourrés de coups de poings, pieds, tête ou ceinturon, ébouillantés, estropiés, hématomisés, la peau, les ongles et les cheveux arrachés… et qui se retrouvent pour certains enfermés dans de sombres caves humides, voire dans la niche du chien pour les géniteurs les plus facétieux… De la calote appropriée à la torture organisée, n’est-ce pas, à l’évidence, du tout pareil au même ? Tous les psy-machins vous le confirmeront, c’est même le fond de commerce de leur si rémunératrice profession.</p>
<p>Le père de famille calotteur, désormais dévisagé comme un potentiel Alien de l’Humanité, baissa la tête et je vis le moment où il allait s’enfuir, abandonnant peut-être sa victime derrière lui afin de mieux échapper au lynchage qui le guettait.</p>
<p>Son désarroi subit me désarçonna et je volais à son secours : « Les bonnes vieilles méthodes ont fait leurs preuves ! », articulais-je placidement.</p>
<p>Que n’avais-je dit là ! Je devins alors plus coupable encore que lui, puisque j’approuvais l’inqualifiable. La prudence me conseillait de ne pas m’attarder.</p>
<p>Heureusement, j’arrivais devant la caissière, réglais rapidement mes achats et quittais le magasin avant qu’on ne lâche les chiens sur moi ou qu’on ne sonne la maréchaussée pour la lancer à mes trousses.</p>
<p>J’avais, le soir même, loué Dans la vallée d’Elah, film sur les conséquences de l’« Operation Iraqi Freedom » aux États-Unis d’Amérique : un officier à la retraite y entreprend de retrouver son fils, vétéran d’Irak signalé comme déserteur peu de temps après son retour au pays. Plus son enquête avance, plus il découvre que son fils autant que ses camarades reviennent du pays de Saddam passablement perturbés… enfin « raides dingues » serait plus juste !</p>
<p>Partis pour la plupart frais et joyeux sauver veuves et orphelins à Bagdad, ils sont de retour plus psychopathes les uns que les autres : camés, alcooliques, prêts au viol autant qu’au crime et à la torture, façon comme une autre de passer le temps…</p>
<p>« Dès son générique, (Dans la vallée d’Elah) s’affiche comme un film antiguerre, avec un trio d’acteurs qui compte parmi les plus politisés d’Hollywood : l’infatigable Susan Sarandon, connue pour ses prises de position virulentes contre la guerre en Irak, Tommy Lee Jones, ami d’Al Gore et fervent démocrate, la belle Charlize Theron, qui prend régulièrement la parole en faveur de diverses causes. »(1)</p>
<p>Soit, la charge politique est évidente, mais il est un fait que cette guerre d’Irak semble produire les mêmes conséquences psychologiques que celle du Vietnam sur ses acteurs… et je réalisais alors que j’avais lu nombre de récits militaires des Premières et Seconde Guerre mondiale, de celle d’Algérie, de la guerre civile d’Espagne et de quelques autres conflits d’importance et qu’il ne me semblait pas que ces conflits-là aient générés d’identiques conséquences psychologiques pour ceux qui l’avaient fait.</p>
<p>Je téléphonais alors à un ami médecin, historien à ses heures – ou le contraire, peut-être, on ne sait plus très bien – pour le questionner à ce sujet. Sa réponse fut explicite : « J’adorais mon père dont je garde le plus merveilleux des souvenirs, mais toute mon enfance, je savais en me levant le matin que je pouvais très probablement m’en prendre une avant la fin de la journée. C’était comme ça, certainement méritée et terriblement inévitable. Tous ceux de ma génération étaient logés à la même enseigne… Les Jeunes partis guerroyer au Vietnam à l’époque ou en Irak aujourd’hui sont de grands enfants attardés, élevés dans un cocon. Ils ne connaissent de l’existence que le confort, la sécurité et l’assistanat permanent ; ils sont immergés dès leur naissance dans le monde virtuel de la télévision, du cinéma, et désormais des jeux vidéos ; ils sont imprégnés d’utopies humanitaires et dégoulinent de bons sentiments… et ils sont brutalement confrontés à des populations qui ont la même mentalité que celles qu’Américains ou Européens avaient en 1900 ! Le choc est terrible et cela produit forcément des psychopathes en veux-tu, en voilà !… »</p>
<p>Je ne vais certes pas aggraver mon cas en adhérant à de tels propos si politiquement incorrects et en sous-entendant que le père calotteur que j’avais si imprudemment approuvé, a peut-être évité, à sa façon, un souci futur à la société.</p>
<p><strong>Note :</strong></p>
<p>(1) Isabelle Regnier, Le Monde, novembre 2007.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.no-media.info/1166/calotte-redemptrice-et-psychopathes-etoiles/feed</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Le latin, langue de l&#8217;Europe</title>
		<link>http://www.no-media.info/1158/le-latin-langue-de-leurope</link>
		<comments>http://www.no-media.info/1158/le-latin-langue-de-leurope#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 04 Aug 2008 16:30:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>no-media.info</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Tribune libre]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.no-media.info/1158/le-latin-langue-de-leurope</guid>
		<description><![CDATA[<a href="http://www.no-media.info/1158/le-latin-langue-de-leurope"><img src="http://www.no-media.info/cms/wp-content/plugins/yet-another-photoblog/YapbThumbnailer.php?post_id=1158&w=80" width="80" height="108" style="float:left;padding:0 10px 10px 0;" ></a>Le problème qui nous occupe ne peut se présenter pour l&#8217;heure que comme un questionnement permanent, en attendant mieux. Celui de l&#8217;Europe étant loin d&#8217;être résolu, il est peut-être prématuré de se préoccuper de sa langue future. Pourtant, dans le combat que mènent les partisans d&#8217;une Europe unie et consciente de son identité, l&#8217;interrogation qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<a href="http://www.no-media.info/1158/le-latin-langue-de-leurope"><img src="http://www.no-media.info/cms/wp-content/plugins/yet-another-photoblog/YapbThumbnailer.php?post_id=1158&w=80" width="80" height="108" style="float:left;padding:0 10px 10px 0;" ></a><p>Le problème qui nous occupe ne peut se présenter pour l&#8217;heure que comme un questionnement permanent, en attendant mieux. Celui de l&#8217;Europe étant loin d&#8217;être résolu, il est peut-être prématuré de se préoccuper de sa langue future. Pourtant, dans le combat que mènent les partisans d&#8217;une Europe unie et consciente de son identité, l&#8217;interrogation qui porte sur le vecteur par excellence de l&#8217;expression, de la pensée, de l&#8217;émotion et plus largement du rapport au monde est cruciale.</p>
<p>Qu&#8217;est-ce en effet qu&#8217;une langue, si l&#8217;on écarte le postulat a minima qui veut la réduire à une fonction uniquement communicationnelle (ce qu&#8217;est devenu, au demeurant, le basic-english dans le contexte de globalisation actuel) ? Un rapport de force ? Une expression identitaire ? Un matériau à partir duquel on crée de l&#8217;imaginaire et de la pensée ? L&#8217;esprit même de création d&#8217;un peuple ? </p>
<p><strong>Nécessité d&#8217;une langue commune</strong></p>
<p>L&#8217;être de l&#8217;anglais est commercial et impérialiste. Il est l&#8217;affirmation d&#8217;un état de chose et d&#8217;une volonté. Les jeunes Anglo-saxons, qu&#8217;ils soient anglais, américains, australiens ou néo-zélandais, étudient rarement une autre langue que la leur. Pourquoi « perdraient »-il un temps qu&#8217;ils peuvent consacrer à l&#8217;apprentissage du mercantilisme ? C&#8217;est d&#8217;ailleurs, en deçà de la Manche, l&#8217;argument suprême qui place l&#8217;anglais à la première place dans l&#8217;enseignement des langues, aux dépens des autres langues, jugées superfétatoires.</p>
<p>L&#8217;adoption de l&#8217;anglais comme langue européenne serait un acte d&#8217;allégeance au diktat économico-civilisationnel anglo-saxon, et l&#8217;abdication devant la suprématie mondiale de la troisième fonction, celle des producteurs, des marchands et des matérialistes.</p>
<p>Ces remarques ne remettent nullement en cause la légitimité de l&#8217;anglais comme expression d&#8217;un génie particulier, qui a accru la richesse culturelle commune, en nous offrant des Shakespeare, des Kerouac, des Ezra Pound.</p>
<p>L&#8217;erreur qu&#8217;il faut éviter est d&#8217;abord de penser une hypothétique langue européenne en termes communicationnels, uniquement destinée à mettre en rapport des locuteurs, dans une sorte de neutralité technique qui nierait les racines et les spécificités (ou qui les comprendrait comme couleurs locales). Cette langue, manifestement, ne serait pas européenne (au sens identitaire), mais celle de l&#8217;ennemi, car ce serait l&#8217;anglais - efficacité oblige. Tout l&#8217;argument relatif à l&#8217;adoption d&#8217;une langue ou de plusieurs en Europe se réduit pour l&#8217;heure à des considérations malthusiennes d&#8217;économie - mais on voit bien que nous avons affaire à un véritable choix idéologique, qui va parfois contre le vou des familles. </p>
<p>Faisons-nous cependant l&#8217;avocat du diable. L&#8217;anglais pourrait-il devenir la langue de la communauté, comme le latin fut celle de l&#8217;empire romain dans sa partie occidentale (avec le grec dans la partie orientale), ou comme il l&#8217;est de facto dans l&#8217;Empire indien, à la suite d&#8217;un colonialisme autrement plus stérile que ne l&#8217;a été celui des latins ? </p>
<p>Que nous apporte la civilisation anglo-saxonne ? Rome nous offrait sa haute culture, ses écrivains, en même temps que la civilisation grecque. Et, malgré notre dure défaite, nous, les Celtes, nous avons été vaincus par des hommes qui nous étaient assez proches (pour toutes sortes de raisons, qui tiennent à la langue, au substrat indo-européen, aux vertus louées dans les deux camps). </p>
<p>Certes, mais il se peut malgré tout que par là aussi les Anglo-saxons nous soient « proches »&#8230; </p>
<p>L&#8217;Empire romain s&#8217;est instauré en plaçant dans son orbe des sociétés dont il respectait la personnalité, donc la langue, et, last but not least, en maintenant un ordre du monde encore largement conditionné par la Tradition, par la déférence à un cosmos immuable qui régissait les hommes, la nature et les dieux. L&#8217;imperium romain était constructeur en même temps que conservateur, mais il n&#8217;était pas destructeur (même s&#8217;il a exterminé les druides pour des raisons politiques).</p>
<p>Lorsqu&#8217;on envisage une langue, il faut nécessairement prendre en considération sa portée historique, le destin qu&#8217;elle traduit. Elle est ce qui éclaire notre chemin, derrière et devant. L&#8217;avenir appartient au peuple qui aura la plus longue mémoire, dit Nietzsche.</p>
<p>Or, actuellement, adopter l&#8217;anglais comme langue européenne, c&#8217;est nous suicider en tant que civilisation, c&#8217;est adopter une épistémè destructrice qui nie toutes les valeurs fondant l&#8217;Europe métahistorique.</p>
<p>A mon sens, la seule langue qui signifie quelque chose par rapport à ce que nous désirons être, à ce que nous devons être, c&#8217;est le latin. Les Juifs ont ressuscité l&#8217;hébreu et en ont fait leur langue nationale et les musulmans ont gardé l&#8217;arabe classique comme langue religieuse et culturelle.</p>
<p>Techniquement, il n&#8217;existe aucune difficulté à restituer à nos écoles la tâche d&#8217;enseigner la langue (modernisée) de nos ancêtres, langue qui est restée vivante chez les doctes et les ecclésiastiques, même de langue germanique ou slave, jusqu&#8217;à la fin du XVIIIe siècle, et qui facilitait les échanges entre peuples de l&#8217;Europe. (1)</p>
<p>Il ne s&#8217;agit pas ici du reste de louer le latin comme simple outil pédagogique, favorisant la rigueur et l&#8217;attention, et comme propédeutique à un certain nombre de connaissances linguistiques, culturelles ou historiques. Il est bien question du latin comme langue de civilisation européenne.</p>
<p><strong>Persistance vitale des langues nationales</strong></p>
<p>L&#8217;Europe, en tant qu&#8217;entité géopolitique, culturelle et religieuse (la Chrétienté) a disparu comme telle, déchirée par les poussées nationalistes du XVIe siècle, dont la Réforme a été l&#8217;expression et l&#8217;occasion. Les monarchies européennes les plus puissantes, confortées par la montée de la bourgeoisie commerçante et administrative, se sont appuyées sur le renforcement des langues nationales pour asseoir leur pouvoir et illustrer le rayonnement culturel de royaumes où le sentiment patriotique s&#8217;enracinait progressivement. </p>
<p>L&#8217;histoire de chaque langue nationale révèle l&#8217;existence de disparités dont les causes sont complexes, dues tout aussi bien aux aléas de l&#8217;Histoire (l&#8217;absence de conquête par Rome de la Germanie, d&#8217;une grande partie de la Bretagne ou de l&#8217;Irlande, par exemple) ou de caractères intrinsèques (d&#8217;ordre ethnique, géographique, territorial - par exemple, la proportion de populations préceltiques dans certaines régions, les contraintes favorisant telles activités économiques, la proximité ou la coexistence (due parfois à une conquête, à une occupation, comme celle des gallo-romains par les Francs)). Le modelage d&#8217;un idiome appartient aussi à cette part de mystère qui entoure la constitution du génie d&#8217;un peuple. Qu&#8217;une langue, par des sonorités propres, le façonnage d&#8217;une personnalité même des mots du lexique, leur couleur, leur épaisseur, leur ombre, présente comme un être vivant une physionomie reconnaissable entre toutes, que le rythme lié à l&#8217;enchaînement de la syntaxe, aux accents, aux longueurs des syllabes, suscite une chanson propre, identifiable même par ceux qui en ignorent le sens, voilà qui est certes miraculeux (au sens d&#8217;admirable, digne d&#8217;être remarqué comme l&#8217;une des beautés de l&#8217;être humain) et suffit à expliquer qu&#8217;un tel terroir linguistique, pour peu qu&#8217;il ait été labouré, ait pu engendrer ces monuments que sont les ouvres littéraires, la poésie, le théâtre, le roman etc.</p>
<p>La langue d&#8217;une nation est devenue ce que nous avons de plus intime en nous, et ce n&#8217;est pas pour rien qu&#8217;on l&#8217;appelle la langue maternelle, puisqu&#8217;elle porte en elle les premiers sons que nous ayons entendus sur la Terre, dès notre naissance. L&#8217;enfant, l&#8217;adolescent, l&#8217;être mûr en sont nourris. Elle nous est comme une seconde nature. C&#8217;est par elle qu&#8217;un individu ou une communauté exprime ses certitudes, ses hésitations, ses souffrances, ses espoirs, et tous les accents de la beauté, de l&#8217;amour, de la haine ont été proférés avec ce qu&#8217;elle nous octroyait de substance.</p>
<p>Loin de déplorer la disparité linguistique dans le monde en général, et en Europe en particulier, il faut s&#8217;en réjouir, car elle a permis l&#8217;affirmation de sensibilités diverses, de visions du monde différentes.</p>
<p>Une langue ne s&#8217;épanouit pas seulement dans la clarté glorieuse des productions artistiques. Elle irrigue la vie la plus banale. Bien qu&#8217;Européen, je ne peux me savoir autrement que français, traversé par ma langue, une langue si charnelle que j&#8217;ai l&#8217;impression qu&#8217;elle a fait mon corps autant que ma sensibilité; et lorsque je parle de corps, je le conçois aussi généreusement absorbant et restituant que les géants rabelaisiens, dont la nourriture provient autant des mots habitant un paysage (à tel point que les noms de fleuves - Garonne, Rhône .-sont souvent originaires d&#8217;une langue et d&#8217;une civilisation disparues, comme le mot sindhu (Indus) est attribué à la langue buru-ski, qui serait l&#8217;unique descendante de la langue harappéenne parlée vers 1800 av. J.-C.), nommant une occupation humaine, traçant (tatouant ?) une Histoire, même fantasmée, sur la peau terrestre, que précipitent sur le monde des envies impérieuses avec un estomac, un sexe, une curiosité intellectuelle jamais rassasiés, car vivants.</p>
<p>La langue est liée à l&#8217;être qui la jette au monde comme l&#8217;inscription de sa propre nécessité et en reçoit sa confirmation.</p>
<p>Les langues dites nationales (on inclura dans cet ensemble les langues dites « régionales », comme le catalan, le basque, le breton, l&#8217;occitan, le corse etc.) ne sauraient disparaître sans que n&#8217;anéantisse notre rapport profond à la vie. Il est impensable de les remplacer par une langue continentale, car ce serait éradiquer non seulement nos racines, mais aussi arrêter la sève qui provient de la Terre pour nourrir notre être-au-monde.</p>
<p>Le système langagier européen doit donc être pluriel, ce qui ne signifie pas qu&#8217;il se présente sur un même plan.</p>
<p><strong>Le latin, langue administrative, politique et hiératique</strong></p>
<p>L&#8217;Europe sera autant un acte de la volonté que la résultante naturelle d&#8217;une longue Histoire. Comme Alexandre en Phrygie, face au noeud gordien, il faudra trancher. Nous ne sommes pas devant un cas de figure où une langue impériale serait le véhicule et la traduction de l&#8217;hégémonie d&#8217;un peuple, ou dans celle où elle serait commune naturellement, depuis des siècles, à un ensemble, comme le grec l&#8217;était de l&#8217;Empire byzantin (ou du moins de son élite).</p>
<p>Une fois admise la nécessité de maintenir (voire d&#8217;encourager) les langues « nationales », il s&#8217;agit de se demander ce que le latin occuperait comme fonction dans l&#8217;Europe unifiée et indépendante que nous appelons de nos voux.</p>
<p>A mon sens, elle serait ce qu&#8217;ont été le mandarin en Chine et le sanskrit en Inde, c&#8217;est-à-dire d&#8217;une part une langue de l&#8217;administration et, de l&#8217;autre, une langue sacrée.</p>
<p>Il n&#8217;est pas impossible qu&#8217;à la longue, au bout de plusieurs générations, si l&#8217;enseignement d&#8217;une langue qui a été nôtre dans le passé est prodigué sérieusement (c&#8217;est là le coup d&#8217;épée auquel il été fait allusion précédemment), le latin parvienne à produire des ouvres aussi profondes que celles qui ont éclos sous l&#8217;emprise des langues nationales. Seul l&#8217;avenir peut en témoigner. Avant cette heureuse assomption, il est tout à fait possible, et nécessaire en ce qui concerne la première tâche, d&#8217;instituer le latin comme langue administrative et politique de l&#8217;Europe, et, pour ce qui est de la deuxième tâche, comme langue sacrée.</p>
<p>Dans le premier cas, on peut s&#8217;appuyer sur l&#8217;exemple de la Chine, qui a forgé son homogénéité par l&#8217;instauration d&#8217;une administration élitaire, dont le sommet était l&#8217;Empereur. L&#8217;intégration dans cette bureaucratie hiérarchisée se faisait par des concours extrêmement sévères, reposant sur des épreuves culturelles, où la poésie et les arts n&#8217;étaient pas omis. Cette sélection avait pour vertu de consolider une langue riche, sophistiquée, comme le ciment d&#8217;un ensemble géopolitique extrêmement hétérogène (l&#8217;Empire du Milieu), où des poussées centripètes se faisaient sentir de façon permanente. La caste des scribes, dotée d&#8217;une éthique et une philosophie solide (le confucianisme) portait sur ses épaules la destinée de l&#8217;Empire.</p>
<p>Dans le cas du sanskrit, nous avons une langue qui était, est encore, l&#8217;expression d&#8217;un savoir sacré immémorial, véritable « empire de la pensée » (Michel Angot) transmis par la caste des brahmanes. La sanskrta vac (« la parole ajustée ») est une fixation volontaire et en partie artificielle de l&#8217;ancien parler indo-ârya, qui cohabite avec environ cinq cents langues (les prakrits), idiomes vernaculaires parfois issus de langues dravidiennes. Il n&#8217;est pas rare en Inde de maîtriser plusieurs langues, y compris dans leur pratique savante.</p>
<p>L&#8217;exemple du sanskrit n&#8217;est pas sans nous poser des problèmes, notamment parce qu&#8217;il transmet un corpus mystique, ésotérique, exotérique, littéraire, philosophique, scientifique etc., et que le latin n&#8217;est plus en mesure d&#8217;en proposer un, d&#8217;autant plus que la cassure anthropologique (toute relative cependant) qu&#8217;a constitué le christianisme a rompu le fil avec la Religion originaire de l&#8217;Europe. Il n&#8217;est pas envisageable, sans doute, de réactiver tel quel le paganisme de l&#8217;Antiquité, ce qui serait d&#8217;ailleurs ridicule. L&#8217;approche païenne du monde se module en fonction des circonstances historiques et se traduit par des expressions aussi riches et variées qu&#8217;est le monde. C&#8217;est aux générations nées de la Révolution européenne de résoudre cette question. Néanmoins, il n&#8217;est pas impensable que le latin devienne aussi la langue sacrée des Européens dont la fraction la plus sensible à une approche mystique du monde s&#8217;emparerait pour créer une nouvelle « théologie » (dans un sens antéchrétien). (2)</p>
<p><strong>Préparer l&#8217;Europe latine</strong></p>
<p>Il n&#8217;est certes pas improbable que finalement ce soit l&#8217;anglais, aussi pauvre et commercial soit-il, qui l&#8217;emporte, et que son adoption finale par l&#8217;Europe des marchands, très active actuellement, achève le processus actuel qui conduit à la perte de notre indépendance.</p>
<p>Cependant, comme la fin du kali yuga (3) n&#8217;est pas perceptible à vue humaine, et que nul ne saurait en saisir la date, ni le commencement de sa négation, il est préférable de remplir, dans la mesure de nos forces et de nos possibilités, notre dharma (4). Notre Devoir est donc d&#8217;inscrire nos enfants dans les cours de latin, de nous mettre nous-mêmes au travail, de l&#8217;apprendre et de l&#8217;approfondir. Cela à titre individuel. Sur le plan métapolitique, il serait judicieux de créer une association européenne de promotion du latin comme langue de la communauté, et d&#8217;intervenir de façon permanente dans ce sens. </p>
<p>Bien sûr, un tel projet semblera très modeste (peut-être trop décalé) en regard de combats politiques (voire métapolitiques) plus ambitieux et exaltants, dans la mesure où il redouble des pratiques qui existent déjà dans les familles ou au sein du monde de l&#8217;éducation. Pourtant, il s&#8217;agit de bien saisir l&#8217;importance de ce qui est en jeu. L&#8217;impression domine depuis quelques années, malgré l&#8217;existence d&#8217;un courant critique vis-à-vis de l&#8217;héritage de deux mille ans de christianisme, et face à la nécessité de susciter une Europe renouant avec son être, qu&#8217;un certain enlisement, un ressassement certains de thèmes et de discours nous amènent à désespérer de l&#8217;avenir. C&#8217;est comme si nous manquions en même temps de point d&#8217;attaque, et de levier pour soulever la masse qui nous barre le chemin. Ajoutons à cet état affligeant les divisions qui paralysent le mouvement européen identitaire. Or, si l&#8217;on se fixait un objectif consensuel tel que la défense et l&#8217;illustration du latin comme langue communautaire, avec un souci réel de réussir à fédérer les volontés (au-delà de nos « frontières » nationales, cela va de soi), d&#8217;approfondir la signification métapolitique d&#8217;un tel choix, de travailler ce qui concerne le génie propre de cette langue, en identifiant tout ce qu&#8217;elle nous apporte et nous apporterait, quitte à la moderniser (c&#8217;est une affaire de spécialistes, et il doit en exister chez nous), de sensibiliser les familles et les jeunes générations à cette tâche, nous serions peut-être en mesure de tenir là un moyen de parvenir à un résultat concret (évaluable). Nous aurions par ailleurs un excellent prétexte à rencontres, à débats, à éclaircissement riches et variés (car une langue ouvre des perspectives infinies). Sans compter l&#8217;écho qu&#8217;aurait, par delà les limites de notre camp, une telle affirmation culturelle, qui intéresserait beaucoup de monde (à commencer par les latinistes et les hellénistes).</p>
<p>Pour finir, essayons de nous rappeler combien de peuples ont conquis leur indépendance en engageant une grande partie de leur combat sur la question de la langue.</p>
<p><strong>Notes :</strong></p>
<p>(1) Rien n&#8217;empêche d&#8217;ailleurs les peuples de l&#8217;Est de garder une langue slave comme le Russe, ce qui serait légitime d&#8217;un point de vue civilisationnel.</p>
<p>(2) Bien entendu, le grec et le sanskrit seraient considérés comme des langues « sacrées », peut-être étudiées dans des sortes d&#8217; « écoles cathédrales » païennes ou d&#8217;ashrama (communautés « religieuses » et philosophiques indhoues).</p>
<p>(3) Selon les Hindous, l&#8217;univers connaît, comme chez les Grecs, différents âges (yuga), dont l&#8217;évolution suit une courbe déclinante, jusqu&#8217;à l&#8217;âge du chaos (« l&#8217;âge de fer », l&#8217;âge de la déesse Kali, la déesse de la destruction). Selon certains, cette décadence est inévitable, et comme son achèvement ne peut aboutir qu&#8217;à un renouveau, un rétablissement de l&#8217;ordre cosmique, il est préférable non seulement de ne pas réfréner ce qui ne manquera pas de chuter, mais aussi de hâter cet effondrement.</p>
<p>(4) « Dharma désigne ce qui soutient et élève. Donc le principe fondamental à la base de toutes les manifestations de la vie est, au sens réel, le dharma. Ce principe est ce que nous appelons Dieu ou Vérité. Dharma signifie donc la connaissance de la grande Vérité qui soutient toutes choses. C&#8217;est seulement à la lumière de cette connaissance que la vie d&#8217;un être humain peut être harmonieusement ajustée dans ses aspects les plus divers. Ainsi le but du dharma est d&#8217;infuser dans toutes les activités de la vie la splendeur, la béatitude et la paix de la réalité divine. » ( Swâmi Râmdâs, Présence de Râm, in Jean HERBERT ; Spiritualité hindoue, « Spiritualités vivantes », Editions Albin Michel, 1972, p. 117). « Du point de vue scientifique, le dharma est la propriété caractéristique ; du point de vue moral et légal, c&#8217;est le devoir ; du point de vue psychologique et spirituel, c&#8217;est la religion, avec tout ce qu&#8217;elle doit impliquer ; d&#8217;un point de vue général, c&#8217;est la justice et la loi ; mais par-dessus tout, c&#8217;est le Devoir. » (Bhagavan Das, The Science of Social Organisation, Ibid)</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.no-media.info/1158/le-latin-langue-de-leurope/feed</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Toi aussi, un jour, ma Cour pénale internationale</title>
		<link>http://www.no-media.info/1152/toi-aussi-un-jour-ma-cour-penale-internationale</link>
		<comments>http://www.no-media.info/1152/toi-aussi-un-jour-ma-cour-penale-internationale#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 02 Aug 2008 06:21:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>no-media.info</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Tribune libre]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.no-media.info/1152/toi-aussi-un-jour-ma-cour-penale-internationale</guid>
		<description><![CDATA[<a href="http://www.no-media.info/1152/toi-aussi-un-jour-ma-cour-penale-internationale"><img src="http://www.no-media.info/cms/wp-content/plugins/yet-another-photoblog/cache/randa_nm1.dpchjone9rswg88co04kgoo4s.9wzo4bhiyewwwccsss80skos.th.jpeg" width="80" height="115" style="float:left;padding:0 10px 10px 0;" ></a>Radovan Karadic a donc comparu pour la première fois devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY).
Après Slobodan Milosevic et en attendant sans doute l’ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, toujours en fuite ou, c’est selon, toujours en attente d’une très médiatique arrestation lorsque les vertueux États-Unis d’Amérique auront besoin de détourner l’attention [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<a href="http://www.no-media.info/1152/toi-aussi-un-jour-ma-cour-penale-internationale"><img src="http://www.no-media.info/cms/wp-content/plugins/yet-another-photoblog/cache/randa_nm1.dpchjone9rswg88co04kgoo4s.9wzo4bhiyewwwccsss80skos.th.jpeg" width="80" height="115" style="float:left;padding:0 10px 10px 0;" ></a><p>Radovan Karadic a donc comparu pour la première fois devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY).</p>
<p>Après Slobodan Milosevic et en attendant sans doute l’ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, toujours en fuite ou, c’est selon, toujours en attente d’une très médiatique arrestation lorsque les vertueux États-Unis d’Amérique auront besoin de détourner l’attention de leurs difficultés, voire de leurs propres crimes de guerre, si ce n’est contre l’Humanité.</p>
<p>Il en va ainsi sinon des lois de la guerre, du moins de celles des vainqueurs. Le « malheur aux vaincus » du chef gaulois Brennus aux défenseurs du Capitole obligés de lui payer un lourd tribut pour qu’il lève le siège date de 390 avant JC. Autres temps, même mœurs… Rien n’a changé ! Rien ? Si, les vainqueurs, désormais, rançonnent tout autant les vaincus, mais ajoutent à la loi du plus fort des champs de bataille, d’insupportables et hypocrites procès. Rappelons ce qu’un Juge du Tribunal de Nuremberg en 1946 avait asséné au maréchal Keitel (qui se défendait des accusations portées contre l’Allemagne en prétextant ce qu’avaient fait les Alliés) : « Nous sommes là pour juger vos crimes, pas les nôtres. »</p>
<p>Ainsi, quatre États et non des moindres ont refusé de ratifier le Traité de Rome (la Russie ou la Chine) ou l’ont signé, mais pas ratifié (les États-Unis et Israël). Traité de Rome qui a créé la Cour pénale internationale (CPI). Les États-Unis s’en explique d’ailleurs avec un rare cynisme : ils craignent que cette dernière soit utilisée contre eux à des fins politiques.</p>
<p>Les USA savent de quoi ils parlent. Et pour cause ! Julien Detais, Doctorant chargé d’enseignement à la faculté de droit d’Angers, l’explique clairement : « L’entrée en vigueur le 1er juillet 2002 de la Cour pénale internationale est sans conteste un événement historique majeur, mais il est à regretter que de grandes puissances comme la Chine, l’Inde et notamment les États-Unis ne soient pas parties au Statut de Rome. Les réticences exprimées par ces derniers sous la présidence Clinton ont en effet été concrétisées par le gouvernement Bush. La politique suivie se révèle toutefois ambivalente au regard de l’objectif recherché qui est de soustraire les ressortissants américains de la compétence de la Cour et plus particulièrement les soldats engagés dans des missions de maintien de la paix. Pour ce faire, les gouvernants américains ont donc mis en place toute une série de mécanismes juridiques qui s’avèrent être en contradiction avec l’objet et le but de la Convention de Rome. » (<a href="http://www.droits-fondamentaux.org">www.droits-fondamentaux.org</a>).</p>
<p>On est jamais mieux protégés… que par soi-même !</p>
<p>Jules César avait promené Vercingétorix comme trophée de sa longue campagne militaire en Gaule, en vue de son triomphe à Rome, puis l’avait maintenu prisonnier, avant de s’en débarrasser en le faisant étrangler.</p>
<p>Mais un jour, au faîte de sa puissance, César fût frappé de 23 coups de poignard par les sénateurs qui l’entouraient. Voyant Brutus, fils de sa maîtresse Servilia, parmi eux, il lui lança : « Tu quoque, mi fili » (Toi aussi, mon fils). Par dépit… ou comme une malédiction à son adresse : « Qu’il t’arrive à toi aussi le même sort ! »</p>
<p>Aujourd’hui, l’empire américain expose les vaincus au TPIY pour abuser les naïfs et poursuivre son business… jusqu’au jour, sans doute, où, ayant à son tour chuté, l’Oncle Sam gémira à la face du Monde : « Tu quoque, ma Cour pénale internationale… »</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.no-media.info/1152/toi-aussi-un-jour-ma-cour-penale-internationale/feed</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Quelle affaire Siné ?</title>
		<link>http://www.no-media.info/1130/quelle-affaire-sine</link>
		<comments>http://www.no-media.info/1130/quelle-affaire-sine#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 28 Jul 2008 15:11:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>no-media.info</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Tribune libre]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.no-media.info/1130/quelle-affaire-sine</guid>
		<description><![CDATA[<a href="http://www.no-media.info/1130/quelle-affaire-sine"><img src="http://www.no-media.info/cms/wp-content/plugins/yet-another-photoblog/cache/sine_charlie_nm.73yne1e5eww0gwog8wcgos8cc.9wzo4bhiyewwwccsss80skos.th.jpeg" width="80" height="119" style="float:left;padding:0 10px 10px 0;" ></a>Dans le n° 259 de Faits et documents, Emmanuel Ratier s’interrogeait : le dessinateur Siné sera-t-il poursuivi ?
Il est vrai que l’on pouvait craindre que notre homme le soit, lui qui dans une chronique parue dans le n° du 11 juin dernier de Charlie Hebdo n’avait pas hésité à écrire : « Je n’ai jamais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<a href="http://www.no-media.info/1130/quelle-affaire-sine"><img src="http://www.no-media.info/cms/wp-content/plugins/yet-another-photoblog/cache/sine_charlie_nm.73yne1e5eww0gwog8wcgos8cc.9wzo4bhiyewwwccsss80skos.th.jpeg" width="80" height="119" style="float:left;padding:0 10px 10px 0;" ></a><p>Dans le n° 259 de Faits et documents, Emmanuel Ratier s’interrogeait : le dessinateur Siné sera-t-il poursuivi ?</p>
<p>Il est vrai que l’on pouvait craindre que notre homme le soit, lui qui dans une chronique parue dans le n° du 11 juin dernier de Charlie Hebdo n’avait pas hésité à écrire : « Je n’ai jamais brillé par ma tolérance mais ça ne s’arrange pas et, au risque de passer pour politiquement incorrect, j’avoue que, de plus en plus, les musulmans m’insupportent et que, plus je croise les femmes voilées qui prolifèrent dans mon quartier, plus j’ai envie de leur botter violemment le cul ! (…) Je ne vois pas pourquoi je supporterai ces patates à la silhouette affligeante et véritable épouvantail contre la séduction ! »</p>
<p>Mais personne, ni la justice, ni les médias ; ni le rédacteur en chef de Charlie Hebdo, n’avait trouvé à redire.</p>
<p>Il est vrai que Charlie Hebdo était le journal qui s’était fait un honneur d’attiser la haine entre les communautés en publiant les caricatures du prophète Mahomet.</p>
<p>Or quand trois semaine plus tard, le 2 juillet, le même Siné écrivait : “Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l’UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n’est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! ” On était en droit d’attendre que personne, ni la justice, ni les médias ; ni le rédacteur en chef de Charlie Hebdo, ne trouve à redire.</p>
<p>Eh bien on se trompait ! La presse aux ordres dénonça immédiatement l’antisémitisme de Siné, le rédacteur en chef piqua une grosse colère et licencia son collaborateur, quant à la justice qui sait si elle ne trouvera pas matière à poursuivre ?</p>
<p>Y’aurait-t-il donc deux poids deux mesures dans les colonnes de ce grand journal libertaire qu’est Charlie Hebdo? La liberté d’expression absolue prônée lors de l’affaire des caricatures de Mahomet y serait-elle pratiquée avec une géométrie variable ? Les religions ne devraient-elles pas être toutes traitées à la même enseigne dans ses colonnes ? Etc.</p>
<p>La réponse à ces question se trouve dans Libération du 25 juillet, Laurent Joffrin nous y explique sans honte que, effectivement,  toutes les religions ne se valent pas car certaines (le nôtres, celles des français de souche et de branches) sont uniquement des religions alors qu’une autre est aussi une race et est donc une super-religion inattaquable ! Donc, en toute logique, on peut insulter impunément les premières mais il est interdit de toucher à la seconde : «  On dira que Charlie s’est mobilisé contre l’islamisme et que le journal ne peut, en conséquence, censurer des attaques symétriques contre les juifs. C’est introduire la confusion dans les esprits : attaquer une religion n’est pas attaquer une race. Réprouver l’intégrisme musulman et dénoncer le pouvoir supposé des juifs ce n’est pas la même chose. On est anti-intégriste dans le premier cas, raciste dans le second. » </p>
<p>Et Laurent Joffrin d’ajouter : « On est un peu accablé d’avoir à rappeler ces principes élémentaires. »</p>
<p>Moi c’est le racisme de la gauche bien-pensante et sa judéomanie qui m’accable et me fait gerber ! </p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.no-media.info/1130/quelle-affaire-sine/feed</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>L’incident du Tricastin : un nouveau psychodrame français</title>
		<link>http://www.no-media.info/1122/l%e2%80%99incident-du-tricastin-un-nouveau-psychodrame-francais</link>
		<comments>http://www.no-media.info/1122/l%e2%80%99incident-du-tricastin-un-nouveau-psychodrame-francais#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 24 Jul 2008 17:20:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>no-media.info</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Tribune libre]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.no-media.info/1122/l%e2%80%99incident-du-tricastin-un-nouveau-psychodrame-francais</guid>
		<description><![CDATA[<a href="http://www.no-media.info/1122/l%e2%80%99incident-du-tricastin-un-nouveau-psychodrame-francais"><img src="http://www.no-media.info/cms/wp-content/plugins/yet-another-photoblog/cache/tricastin_socatri_nm.1lmr80om4av40koosogo4wg4k.9wzo4bhiyewwwccsss80skos.th.jpeg" width="80" height="109" style="float:left;padding:0 10px 10px 0;" ></a>Résumé : l’uranium naturel  rejeté par erreur dans le Rhône représente 10% du volume d’uranium quotidien véhiculé par la nature (et non par les rejets) dans ce fleuve. La seule toxicité chimique de l’uranium est en cause. Aucun risque radiologique  A l’endroit  même du rejet, un individu aurait du absorber 10 litres [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<a href="http://www.no-media.info/1122/l%e2%80%99incident-du-tricastin-un-nouveau-psychodrame-francais"><img src="http://www.no-media.info/cms/wp-content/plugins/yet-another-photoblog/cache/tricastin_socatri_nm.1lmr80om4av40koosogo4wg4k.9wzo4bhiyewwwccsss80skos.th.jpeg" width="80" height="109" style="float:left;padding:0 10px 10px 0;" ></a><p>Résumé : l’uranium naturel  rejeté par erreur dans le Rhône représente 10% du volume d’uranium quotidien véhiculé par la nature (et non par les rejets) dans ce fleuve. La seule toxicité chimique de l’uranium est en cause. Aucun risque radiologique  A l’endroit  même du rejet, un individu aurait du absorber 10 litres d’eau pour atteindre le seuil de concentration très prudent défini par l’OMS. Seuil dépassé pendant longtemps par les consommateurs de Badoit ou St Yorre sans dommage pour eux. </p>
<p>Un incident niveau 1 est par nature un non évènement. Mais les contrôles, la transparence et la sécurité en nucléaire doivent continuer d’être à ce niveau inégalé par les autres industries. Sur ce plan, la manipulation des faits et la désinformation réalisées autour de ce non évènement contribuent à maintenir ce très haut niveau de sécurité </p>
<p>“Sauvons le Climat” n’avait pas jugé utile de prendre position sur l’incident du Tricastin qu’il considérait de peu d’importance devant les défis posés par le changement climatique. Mais cet incident a donné lieu à un véritable psychodrame conforme à la tradition de notre peuple qui semble adorer les controverses portant sur des questions  de principe sans répercussions pratiques. C’est, sans doute, une partie de son charme… Ce psychodrame a mis en scène les protagonistes ordinaires des débats sur le nucléaire. Les antinucléaires, inquisiteurs modernes, accusent sur des motifs futiles, gonflant à loisir un incident devant la timidité des autorités qui se comportent comme des enfants pris la main dans le pot de confiture. Les autorités de sûreté se contentent d’un discours technique qui ne précise pas la signification de notions comme les recommandations de l’OMS et ne font pas référence aux situations naturelles. Les médias, bien sûr, font leur miel de ces controverses où l’incompétence le dispute à l’arrogance, où les slogans remplacent l’analyse. C’est aussi, pour eux, une tradition estivale de gloser sur les incidents survenus dans les établissements nucléaires, un complément bienvenu au Tour de France pour égayer les lecteurs en période de trêve politique estivale. D’autres intérêts, financiers ceux-là, jouant les apprentis sorciers, ne cherchent-ils pas à profiter des difficultés d’AREVA ?</p>
<p>Quoiqu’il en soit, il nous a paru utile et nécessaire de mettre l’incident du Tricastin en perspective en expliquant ce que signifient, par exemple, les recommandations de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) sur les concentrations d’uranium dans l’eau potable. </p>
<p><strong>L’incident de Tricastin ne concerne pas une centrale nucléaire</strong></p>
<p>Le débordement d’un réservoir  contenant une solution uranifère a eu lieu sur le site de la société SOCATRI (SOCiété Auxiliaire du TRIcastin), filiale à 100% d’EURODIF, elle même filiale d’AREVA. Entre autres activités, SOCATRI retraite les effluents de l’usine de séparation isotopique du Tricastin. </p>
<p><strong>L’uranium est plus un toxique chimique que radiologique</strong></p>
<p>Pour l’uranium l’OMS retient une toxicité chimique rénale  pour l’estimation de la concentration  maximale admissible. La plus faible dose au delà de laquelle des rats ont montré une détérioration de la fonction rénale correspond à une absorption journalière de 0,06 mg/kg. Pour tenir compte des incertitudes (extrapolation du cas du rat au cas de l’homme et  influence des différences entre individus) l&#8217;OMS applique un  facteur de réduction de 100, soit une absorption journalière tolérable (TDI, Tolerable Daily Ingestion)  inférieure à 0,0006 mg/kg pour un homme de 60kg, , soit encore 0,036 mg d’uranium par jour. On obtient  ainsi une concentration moyenne annuelle arrondie à  0,015 mg/litre d’eau, en supposant une consommation quotidienne de 2 l. Il s’agit là d’une moyenne annuelle. Un dépassement de la norme  est donc possible pendant une période limitée pourvu qu’on revienne en dessous de la moyenne pendant le reste de l’année. </p>
<p>Pour la petite histoire, l&#8217;eau de Badoit et de St Yorre flirtaient avec une concentration de 0,1 mg par litre avant que les exploitants décident de la filtrer sur oxyde de manganèse  pour éliminer cette concentration devenue gênante depuis la Directive OMS&#8230; qui a failli faire perdre à ces eaux leur statut d&#8217;eau minérale. Dans la pratique, selon l’OMS, de nombreuses eaux potables ont des concentrations plusieurs dizaines de fois supérieures à la norme sans que les reins des consommateurs semblent affectés. En retenant une TDI de 0,036 mg on voit que la quantité d’uranium pouvant être absorbée  annuellement  par un individu de 60 kg est de plus de 13 mg  contenus dans 730 litres d’eau consommés (1). </p>
<p>On peut aussi calculer la concentration qui conduirait à la limite d&#8217;irradiation recommandée par l&#8217;OMS pour une contamination à l&#8217;uranium naturel. Cette limite est de 0,1 mSv, par an, soit le trentième de l’irradiation naturelle(4). Cette dose serait obtenue par l’ingestion de 730 litres d’eau par an (2 litres par jour) ayant une concentration de 0,13 mg/l, près de 10 fois supérieure à celle correspondant à la toxicité rénale. C’est pourquoi c’est cette dernière qui a été retenue par l’OMS,  montrant clairement que l’uranium est principalement un poison chimique, dont les effets sont assez semblables à ceux de l’arsenic</p>
<p><strong>L’uranium dans l’environnement</strong></p>
<p>L’uranium naturel est omniprésent dans notre environnement. Dans les sols, en moyenne on le trouve à une concentration de 3 à 4 partie par million (ppm)(5). Ainsi, par exemple, un jardin de 1000 m2 contient environ, sur un mètre d&#8217;épaisseur,  10 kg d’uranium. Ces concentrations varient énormément et peuvent atteindre 80 ppm dans certains schistes et 350 ppm(6) (350 mg/kg, correspondant à 8750 Bq) dans les phosphates. </p>
<p>Dans l’eau douce la concentration est souvent de l’ordre du microgramme/l, mais elle peut atteindre, dans des cas exceptionnels, la dizaine de milligramme par litre. Dans l’eau de mer la concentration d’uranium atteint 3,3 microgrammes par litre : un km3 contient donc 3,3 tonnes d’uranium. On estime que l’océan contient 4 milliards de tonnes d’uranium qui se renouvelle au rythme de 20000 tonnes par an grâce à l’apport des cours d’eau. Le Rhône en rejette chaque année environ 300 tonnes à la mer. Ces chiffres permettent de relativiser l’importance du rejet de 70 kg d’uranium au Tricastin : un dixième du flux naturel quotidien dans le Rhône. </p>
<p>Dans les cendres d’une centrale à charbon d’une puissance de 1000  MW, qui consomme plus de 4 millions de tonnes de charbon par an on trouve 5 tonnes d’uranium (et 13 tonnes de thorium).</p>
<p>Enfin nous abritons en nous  une centaine de micro-grammes d’uranium, pouvant même dépasser plusieurs centaines selon notre alimentation.</p>
<p><strong>Les conséquences sanitaires de la fuite du Tricastin.</strong></p>
<p>Lors de l’incident du Tricastin 30 tonnes d’une solution contenant environ 70 kilos d’uranium ont été relâchées. La concentration d’uranium dans la solution était donc de l’ordre de 2 grammes par litre. Selon l’ASN, après le débordement les concentrations observées étaient de l’ordre de 100 fois la norme de l’OMS, soit environ 1,5 mg/l. Ceci correspond à une dilution rapide par un facteur environ 100. Autrement dit,  pour atteindre la dose annuelle (7) un individu aurait dû boire une dizaine de litres de cette eau. Et il aurait eu peu de temps pour ce faire puisque, toujours selon l’ASN, la concentration est revenue à la normale en quelques jours. L’IRSN n’a observé aucune augmentation significative de la concentration  d’uranium dans les poissons (environ 10 microgrammes/kg). </p>
<p><strong>Conclusions</strong></p>
<p>En conclusion, sur le plan sanitaire et environnemental la fuite du Tricastin est une pollution chimique, beaucoup moins grave que le déversement d’une cuve de fioul dans un cours d’eau. C’est pourtant la radioactivité qui a été mise en avant par les médias(le fait que la dose limite d’ingestion quotidienne corresponde à la toxicité chimique n’a jamais été souligné). </p>
<p>Manifestement, l’uranium fait peur alors que c’est un élément omniprésent  dans le sol, dans l’eau et dans notre propre corps.  La radioactivité fait peur à de nombreux compatriotes à qui on n’a pas suffisamment expliqué que nous sommes plongés dans une radioactivité naturelle, que nous sommes nous même des sources radioactives (7000 becquerels pour un individu de 70 kg), mais que personne n’a jamais mis en évidence le moindre effet nocif de cette radioactivité naturelle ambiante. Là comme ailleurs, tout est question de dose et de débit de dose. </p>
<p>Rappelons, d&#8217;ailleurs, que la dose guide fixée par l&#8217;OMS pour la concentration d&#8217;uranium dans l&#8217;eau est très prudente et ne peut s&#8217;appliquer à des situations exceptionnelles. Alors arrêtons de semer une peur qui empêche de raisonner calmement sur la question du nucléaire.</p>
<p>Comme il devenait évident que les effets sanitaires de cet incident resteraient minimes, c&#8217;est  la gestion de l’incident qui a été critiquée  par les antinucléaires, jusqu&#8217;à mettre en cause, sans vergogne(8),  la crédibilité de l’ASN et  de l’IRSN et  à agiter le spectre d’un Tchernobyl français.  </p>
<p>Il est vrai que l’incident du Tricastin est consécutif à une erreur humaine ou organisationnelle. Il faut en tirer les enseignements. C’est bien ce qu’AREVA semble faire. Par contre, en général, il est illusoire de penser que les erreurs humaines et (ou) les défaillances matérielles puissent être complètement éliminées. Les politiques de sûreté ont, certes, pour objet de limiter la probabilité de tels dysfonctionnement, mais, surtout, de faire en sorte qu’un tel dysfonctionnement ou même plusieurs simultanés, ne puissent conduire à une catastrophe : c’est ce qu’on appelle la défense en profondeur.</p>
<p>La transparence démontrée par les opérateurs et les autorités a été exemplaire, en tous cas bien meilleure que celle qu’on observe dans d’autres secteurs économiques, industriels ou de services.  Les réactions outrancières et partisanes provoquées par cette pratique de la transparence ne laissent pas de poser de sérieuses questions. Une transparence qui, loin d’éclairer le public, est l’occasion d’un festival d’arguments mensongers et de mauvaise foi, une occasion de répandre des peurs fantasmatiques par des organisations dont la seule raison d’être est de supprimer le nucléaire quelles que soient les améliorations qu’on puisse lui apporter. Ce faisant les organisations antinucléaires dévaluent la pratique de la transparence, empêchent que les questions de la sûreté et des déchets nucléaires soient abordés avec calme et pondération, et par là elles compromettent la possibilité de trouver des solutions optimales à ces questions.</p>
<p><strong>Notes :</strong> </p>
<p>(1)  Comme d’habitude, les travailleurs sont soumis à des doses beaucoup plus importantes que le public en général. Les métallurgistes de l’uranium ont payé un lourd tribu à la naissance de l’industrie nucléaire et c’est leur malheureuse expérience qui a permis de définir, dès 1950, la dose létale d’uranium naturel(2) : 2 mg/kg soit environ 140 mg pour un travailleur. Dans ce cas le décès est dû à une intoxication rénale aiguë. Pour la même incorporation et en supposant une période biologique(3) de l’uranium d’un an on calcule que la dose de radiations reçue serait de l’ordre de 40 mSv, soit une augmentation maximum de la probabilité de cancer de 2 pour mille. (voir Barillet : La Sécurité dans les laboratoires et les fabriques de produits chimiques minéraux, fasc.5 1950 Tiré à part de l’Industrie Chimique).</p>
<p>(2) Par ingestion concentrée dans le temps. La dose létale est plus élevée si l’ingestion a lieu sur une période longue.</p>
<p>(3) Durée moyenne de présence de l’uranium dans le corps avant son excrétion, essentiellement par voie urinaire</p>
<p>(4) Les plus récentes études montrent qu’une telle augmentation de la dose reçue naturellement n’a aucun effet négatif.</p>
<p>(5) IRSN : <a href="http://net-science.irsn.org/net-science/liblocal/docs/docs_DEI/fiches_RN/Uranium_Unat_v1.pdf">net-science.irsn.org – fichier pdf</a></p>
<p>(6) 350 mg/kg, correspondant à 8750 Bq. L’activité d’un gramme d’uranium naturel vaut 25000 Becquerels (Bq)dont 48,9% pour l&#8217;U238, 48,9% pour l&#8217;U234 et 2,2% pour l&#8217;U235</p>
<p>(7) Nous l’avons dit, pour des expositions limitées dans le temps le concept de dose limite moyenne ne s’applique pas. Citons le rapport de l’OMS Guidelines for Drinking-water Quality: “As TDIs are regarded as representing a tolerable intake for a lifetime, they are not so precise that they cannot be exceeded for short periods of time. Short-term exposure to levels exceeding the TDI is not a cause for concern, provided the individual’s intake averaged over longer periods of time does not appreciably exceed the level set.”</p>
<p>(8) Quelle est la leur ? Leurs grands « experts », pourtant présents sur place ont-ils sonné l’alarme avant les autorités compétentes ? Ne serait-il d’ailleurs pas temps qu’une autorité scientifique reconnue, éventuellement internationale comme l’Académie Européenne des Sciences, évalue les compétences réelles de ces experts auto-proclamés ?</p>
<p>Le collectif &#8220;Sauvons le climat &#8221; fondé en mai 2004, association loi 1901 depuis Décembre 2005, a pour ambition d’informer nos concitoyens, de manière indépendante de tout groupe de pression ou parti politique, sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le ralentir. Il est doté d’un comité scientifique, présidé par Michel Petit, ancien responsable du groupe français d’experts au GIEC. Son manifeste a  été signé par plusieurs milliers de personnes.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.no-media.info/1122/l%e2%80%99incident-du-tricastin-un-nouveau-psychodrame-francais/feed</wfw:commentRss>
		</item>
	</channel>
</rss>
