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Procès de résistants allemands devant le TGI de Francfort-sur-l’Oder le 11 mars 2008

Procès de résistants allemands devant le TGI de Francfort-sur-l’Oder le 11 mars 2008

Devant le sas de sécurité qui mène à la salle de la cour d’assises du Tribunal de Francfort-sur-l’Oder se tiennent une douzaine de personnes sur les pulls desquelles on peut lire des inscriptions telles que: “Citoyens du Reich”, “Division Germania”.

Horst Mahler est parmi eux, mais sans sa compagne, l’avocate Sylvia Stolz, qui a été l’objet d’une interdiction provisoire d’exercer sa profession: le 14 janvier 2008 elle a été condamnée par le tribunal de Mannheim à 3 ans et demi de prison ferme pour incitation à la haine et incarcérée sur-le-champ dans la salle d’audience pour parer au danger de fuite. Lors de sa défense d’Ernst Zündel, elle avait durant le procès contesté la réalité de la Shoah. Avant son incarcération elle avait aussi défendu Dirk Reinecke, un des quatre hommes qui doivent aujourd’hui répondre devant le tribunal de Francfort (Oder) de l’accusation d’incitation du peuple à la haine.

Il est reproché à Dirk Reinecke, Wolfgang Hackert, Gerd Walther et Rainer J. Link, nés respectivement en 1967, 1938, 1946 et 1952, d’avoir distribué, le 10 mai 2004, devant une école de Bernau des prospectus contestant la “vérité historique” et portant en guise de signature: “Même sans ordre de mission agissons pour le Reich allemand”.

En première instance, en novembre 2006, après sept jours de débats, les accusés avaient été condamnés par le tribunal d’instance de Bernau à chacun 100 jours de travaux d’utilité publique. Le 25 février 2008 s’est donc ouvert le procès en appel devant le tribunal de Francfort-sur-l’Oder.

Dans la salle l’ambiance est tendue. Avant d’y pénétrer le public a dû se soumettre à des contrôles de sécurité; les pièces d’identité ont été photocopiées. Des policiers sont présents non seulement devant l’entrée, mais dans la salle même où ils sont renforcés par des auxiliaires de justice.

C’est le deuxième jour d’audience et le président commence par rejeter la demande qui a été formulée contre lui pour partialité à l’encontre les accusés.

Se déroule alors la défense des prévenus. Etant donné que leurs explications orales pour justifier leurs actes sont considérées comme non-supportables puisqu’ils utiliseraient le procès comme une tribune pour propager leurs thèses, le président a dès la première audience ordonné que les preuves présentées par la défense ne le soient que par écrit. Les accusés tentent cependant continuellement par toutes sortes d’objections de contourner cet ordre. Et non moins continuellement le président les interrompt et les menace de les expulser de la salle. Ce qui se produit finalement lorsque l’accusé Walther déclar aux jurés que conformément au Code pénal du Reich ils auront à répondre devant un tribunal du peuple pour “calomnies contre le peuple” et “assistance apportée à l’ennemi”.

Pour la justice allemande les accusés sont loin d’être des inconnus. Ils se regroupent en tant que “Mouvement pour le Reich” autour de l’ancien avocat du NPD, Horst Mahler, et ils sont régulièrement condamnés par les tribunaux pour leurs actions de résistance idéologique.

Photo : Horst Mahler.

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