L’exposition de peinture qui s’est terminée le 11 novembre à la Villa Médicis à Saint-Maur (Val de Marne) a été marquée par le bonheur de la découverte d’un nouveau talent. Il faut se retourner contre la modernité et pour cela, il faut d’abord la retourner. C’est pourquoi Anaïs Goupy travaille sur l’envers d’affiches publicitaires récupérées dans le métro. Des grands formats d’un mètre ou plus de long sur autant de large. Un monde plein du bruit de la publicité mais sans les messages.
Né en 1987, artiste mais aussi décorateur de spectacles, Anaïs Goupy peint des corps d’hommes ou de femmes, musculeux souvent, charnus, mais pas obligatoirement « beaux ». Peu de couleurs dans ses dessins-peintures au gros pinceau le plus souvent acrylique. Les rares couleurs qui s’imposent sont celles du dos des affiches, à demi effacées. Ces affiches décollées constituent un support qui a déjà vécu. Aux mannequins des publicités trop bien léchées succèdent donc des corps vivants, imparfaits, sur du papier décollé à la hâte, et donc un peu déchiré, un peu sali, à l’image de la « vraie vie » – pas celle des « pub ».
L’affiche « garde, dit Anaïs Goupy, des traces, des déchirures, dues à la superposition des couches ». Anaïs Goupy présente un travail prometteur dont le principe est de côtoyer la modernité pour mieux en montrer la vacuité et, à l’inverse, pour faire surgir l’appel irrésistible de la vie, des corps, de l’amour.

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