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L’affaire Rouillan et la reconquête de l’opinion

L’affaire Rouillan et  la reconquête de l’opinion

Les batailles qui importent aujourd’hui, sont celles de l’opinion pour la reconquête des cervelles, le déverrouillage des consciences, l’affranchissement des foules de la dictature de la pensée unique et de la tyrannie consensuelle. Cela en vue de leur ouvrir les yeux sur les prédateurs et les crapules qui les exploitent, les grugent financièrement et fiscalement, pour, à l’arrivée, les saigner dans la grande boucherie des guerres. Des ces guerres hier totale et aujourd’hui sans limites qui nous pendent au bout du nez : guerre civile planétaire ou guerres nucléaires régionales, au Proche-Orient et en Asie centrale…M. Fillion, ci-devant Premier ministre, ne vient-ils pas de nous dire aujourd’hui, 3 octobre de l’an de disgrâce 2008, que nous étions “au bord du gouffre”? Car l’effondrement du château de carte financier est crée une zone dépression sur l’Hémisphère nord bien favorable à tous les dérapages …

Rappelons au passage que si les Français avaient su encore lire en 1938, ils auraient su à la lecture du pamphlet de Louis-Ferdinand Céline « Bagatelles pour un massacre », de quelle nature et de quelle ampleur serait la grande boucherie à venir. Mais nul n’est prophète en son pays n’est-ce pas et la Guerre est passée par là avec sa faux scintillante et son infini cortège de morts et de malheurs.

Or si la France encore chrétienne en 1936 [traduisez encore imprégnée de morale naturelle et d’un certain bon sens primitif] n’avait pas accepté, et même refusé mordicus, qu’un personnage aussi moralement discutable* que M. Léon Blum prenne en mains les destinées de l’État français et la Présidence du Conseil, les Français eussent peut-être bénéficié d’une chance d’échapper aux massacres de la Seconde guerre mondiale ? En réalité il faut dire “si la France avait été encore chrétienne”, c’est-à-dire dirigée par un sens moral élémentaire et par des hommes ayant justement un certain courage moral en acte, alors sans se serait-elle dressée comme un seul homme contre Blum pour l’éjecter.

Dans un ordre d’idées pas très éloigné, si aujourd’hui, 3 octobre 2008, si la résistance nationale, aux racines chrétienne, ne s’épuisait pas dans un morcellement infini d’initiatives plus infécondes les unes que les autres, nous pourrions par exemple exploiter l’affaire Rouillan pour affaiblir les positions morale du sieur Besancenot et à travers lui, celles de son tout beau tout neuf Parti anti-capitaliste.

Par delà, nous aurions également là une occasion de viser la gauche et indirectement, mais sûrement, la camarilla au pouvoir. Surtout parce que nous avons à faire avec un pouvoir à deux faces, l’une prétendument progressiste, l’autre soi-disant conservatrice, mais qui s’entendent comme larrons en foire et ne se disputent pour la galerie qu’à l’occasion du partage des dépouilles républicaines.

Le tueur Rouillan élargi par effet des bonnes grâce de la Justice (laquelle manifeste régulièrement un faible marqué pour les assassins), dans un entretien accordé à un magazine hebdomadaire laisse entendre que non, rien de rien, il ne regrette rien. Besancenot avait aussitôt, dès sa levée d’écrous, intégré sans état d’âme ce terroriste non repenti dans sa nouvelle formation politique. Ce qui en dit long à la fois sur le petit facteur et sur son vrai programme qui reste, à n’en pas douter, celui du grand soir !

Nous tenons donc là une preuve irréfragable que le Parti anti-capitaliste, né d’une mue trotskyste, un reloolkage en Novlangue , est réellement et formellement un parti terroriste. Ajoutons cependant que ce pari trotskyste bcbg constitue aussi un moyen pour la majorité présidentielle de réduire l’audience et la surface électorale de la gauche socialiste [véritablement socialo-troskyste, autrement dit « révisionniste » au sens politique originel marxiste-léniniste, c’est-à-dire réformiste].

Ainsi, qu’attendons–nous pour assaillir la presse, les médias en général, de courriels, de textos, de lettres ; de harceler nos ministres et surtout nos députés en exigeant d’eux qu’ils posent sur le bureau de l’Assemblée des questions orales [séance le mercredi télédiffusées] et écrites ? Faisons du barouf, amutons le bon peuple en envoyant nos jeunes gens distribuer des tracts et faire signer des pétitions aux bouches de métros et dans les grands surfaces ; organisons des manifestations silencieuses mais bariolées devant les palais de la République…

Non seulement cela serait l’occasion d’éclairer l’opinion sur la vraie nature terroriste du mouvement de M. Besancenot [un rappel historique des bienfaits du trotskisme s’imposerait] mais en outre ce serait affaiblir l’un des étais, l’un des soutiens politiques du pouvoir majoritaire actuel lequel a un besoin essentiel de diviser l’électorat en lui fournissant des exutoires et des leurres pour se maintenir au pouvoir grâce à une majorité artificiellement fabriquée et soigneusement manipulée. M. Besancenot est à ce titre un merveilleux abcès de fixation et un meuble tout à fait décoratif dans la vitrine démocratique du régime.

Dans les situations de crises, il suffit parfois d’un rien, une simple allumette parvient à embraser l’opinion. Ce serait certainement une occasion de constater que “nous” existons et que “nous” sommes encore capables de nous mobiliser, de nous rassembler et même, peut-être, de porte des coups.

Note :

* Dans son essai « Du mariage » publié en 1907, il prône sans ambiguïté la pratique de l’inceste – un précurseur !

Photo : Jean-Marc Rouillan

Discussion

1 commentaire pour “L’affaire Rouillan et la reconquête de l’opinion”

  1. Régler ses comptes avec Besancenot et le système est une chose demander à un militant politique même d’un autre bord de se repentir en est une autre et n’est pas à notre honneur, ni ne rentre dans notre étique et vision du monde. L’article de Philippe Randa disponible aussi sur no-media est en fait sur cette affaire de loin plus anti-système.

    Par eowyn | Samedi, 4 octobre, 2008, 20:36:31

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